Silence… On tue !

Plus de 1000 milliards d’animaux aquatiques sont tués chaque année dans les océans, les mers, les lacs, les étangs, les fleuves et les rivières…

Chilean_purse_seine domaine public HD

Qu’elle soit commerciale ou de loisir, la pêche est l’activité « humaine » la plus meurtrière. La quantité d’animaux tués, poissons ou mammifères marins, est de loin la plus importante de toutes les espèces vertébrées dont nous nous servons. A cela, il convient d’ajouter mollusques et crustacés qui représentent respectivement 9% et 5% des prises*.

Poissons---Richard-Semik

Les dommages qu’ils subissent pendant leur capture et leur transport, comme les méthodes employées pour leur « mise à mort » sont parmi les plus cruels :

  • Sur le pont d’un bateau, dans un filet ou au bout d’une ligne, les animaux agonisent pendant de longues heures et finissent par mourir asphyxiés** ;
  • Lorsqu’on les remonte des profondeurs, les frottements des filets mettent leurs flancs à vif** ;
  • La décompression fait gonfler et parfois exploser leur vessie natatoire, ce qui pousse les yeux hors des orbites ou l’œsophage et l’estomac par la bouche** ;
  • Pris à l’appât, ils avalent profondément l’hameçon qui leur déchire l’estomac lorsqu’ils se débattent ;
  • S’ils n’ont pas eu le temps de mourir, ils sont éviscérés vivants pour être congelés, la plupart du temps** ;
  • Les méthodes de pêche n’étant jamais vraiment sélectives, toutes les prises non ciblées (dauphins, requins, tortues aquatiques, étoiles de mer, méduses, etc. mais aussi coraux, algues, etc.) sont rejetées… que les animaux soient morts ou blessés, au milieu des déchets de captures éviscérées.

Tortue prise dans un filet_Daniel Lurkin

Or, il est désormais reconnu et scientifiquement démontré que les poissons, les mollusques céphalopodes, de la même façon que les mammifères marins et tous les vertébrés, humains compris, ressentent des émotions négatives comme la douleur et la peur ou positives comme le plaisir

En 2008, près de 20% de la production halieutique mondiale étaient destinés à la production de farine pour nourrir les animaux « de boucherie », c’est-à-dire essentiellement des herbivores, transformés pour l’occasion en carnivores, détenus et « élevés » dans des conditions concentrationnaires.

En outre, comme la chasse, la pêche est responsable du déséquilibre des écosystèmes aquatiques

En 100 ans, près des 2/3 des gros poissons (thons, mérous, raies, requins ou espadons) ont disparu à l’échelle de la planète***. Des chercheurs estiment que la disparition des gros poissons affecte toute la chaîne alimentaire et empêche la régulation des populations par leurs proies habituelles. Sardines, anchois et méduses ont vu leurs effectifs doubler et il en va de même pour de nombreux autres animaux.

Références :

* « Poissons le carnage », éditions Tahin Party, 2004

** « Pillage des océans », Philippe Cury, in Révolutions animales, Arte Éditions, 2016

*** http://www.int-res.com/articles/theme/m512p155.pdf : Marine ecology progress series N°152, pages 155 à 166, 9 octobre 2014