Silence… On tue !

Le sanglier – ingénieur de nos forêts

Le sanglier (Sus scrofa) occupe une place importante dans l’écosystème. Son régime alimentaire joue un rôle bénéfique dans l’écologie des forêts :

  • A la recherche de lombrics, il déterre bulbes et racines et aère la terre ;
  • Laissant au hasard de ses repas graines et noyaux, le sanglier facilite les nouvelles pousses par l’enfouissement ;
  • Avec son groin, il assure la pénétration de l’humus dans le sol et détruit un certain nombre de larves en les mangeant ;
  • Certains conifères sont gravement parasités par des insectes xylophages, comme par exemple les chenilles processionnaires, or un sanglier à lui seul peut déparasiter 100 m² de sol par jour ;
  • Son rôle de régulateur sur les populations de rongeurs, n’est pas négligeable non plus ;
  • Etc.

Robert Hainard disait du sanglier « qu’il est la grosse bête farouche, celle qui exprime le mieux la sauvagerie de la forêt, lui donne une vie animale à l’échelle de ses arbres« .

Le sanglier ravage-t-il les cultures ?

En détruisant les forêts de feuillus et les haies, l’espèce humaine non seulement supprime l’habitat du sanglier, mais aussi sa nourriture. Par ailleurs, les pratiques de nourrissage intensif l’ont habitué à manger du maïs, d’autres céréales et des betteraves. A l’époque où le maïs arrive à maturation, il trouve dans les champs de grandes dimensions une alimentation abondante, de la fraîcheur en été et en automne, et, grâce à leur irrigation, suffisamment d’eau pour boire et de boue pour se souiller. Rien de surprenant, par conséquent, de retrouver une harde de sangliers au milieu d’un champ de maïs.

L’irrigation de la maïsiculture est très consommatrice d’eau. Or, le sanglier a impérativement besoin d’humidité et d’eau. D’une part, parce qu’il consomme beaucoup d’aliments secs tels que des graines, des fruits durs… ce qui l’oblige à boire beaucoup. D’autre part, parce qu’il a pour habitude de se rouler dans des mares de boue que l’on appelle « souilles » pour se débarrasser des parasites qu’il transporte. Cette boue joue un rôle essentiel pour Sus scrofa, car en séchant sur son poil, elle emprisonne les tiques et les poux dans une croûte de terre.

Les sangliers prolifèrent t-ils par miracle ?

Dans la 2ème moitié du XXème siècle, des pratiques mises en œuvre durant quelques décennies ont donné jour à des procédés dangereux d’hybridation (sanglier/truie = sanglichon, cochon/laie = cochonglier) suivis de lâchers.
De nombreux élevages de ce type se sont développés. Les croisements inconsidérés qui en sont issus, ont provoqué une pollution génétique inquiétante qui dénature profondément cet animal mythique, bête sauvage par excellence et menace de le faire disparaître au profit d’hybrides à demi-domestiqués.

Les jeunes cochongliers et sanglichons, ainsi élevés et lâchés volontairement, plus prolifiques que les sangliers, se mélangent aux populations sauvages puis se multiplient de manière quasi exponentielle. Ils alimentent le stand de tir de « valeureux » chasseurs ayant « honnêtement » acquis leur « droit de tuer ».
De plus, les excès du nourrissage dans la nature (agrainage) augmentent le taux de fécondité des laies et provoquent souvent une seconde portée dans l’année, voire parfois même une troisième.

Le sanglier est un animal sauvage et non un animal d’élevage ! Il n’a pas besoin de nourrissage artificiel qui le rend prolifique.

L’industrie de la chasse a fait exploser les populations. Ce qui, par conséquent, entraine régulièrement des battues de régulation.
En France, pays des extrémistes de la gâchette, chaque année des centaines de milliers de sangliers, victimes de ces dérives malheureusement devenues courantes, le payent de leur vie. Pour de nombreuses sociétés de chasse, le tableau d’une seule journée de battue correspond à celui de toute une saison il y a moins de quarante ans.
Pourtant, selon James Oliver Curwood, romancier américain, « Il y a un plaisir plus grand que celui de tuer : celui de laisser la vie. »

Cette explosion de la population de sangliers n’est pourtant pas sans conséquences pour l’humain :
– Augmentation des risques d’accidents de la route ;
– Atteintes à la biodiversité, faune et flore confondues ;
– Augmentation des risques de maladie dans les élevages de cochons, mais aussi pour l’humain (maladie de Lyme, etc.) ;
– Atteintes aux cultures (la déforestation détruit l’habitat et la nourriture des sangliers, l’agrainage suscite leur intérêt pour celles-ci).

En outre, les multiples actions des hommes favorisent ces comportements qualifiés de « nuisibles ». Quant à la responsabilité de l’industrie de la chasse sur le sort réservé au sanglier, elle est lourde et sans équivoque. Ces dérives résultent principalement de la gestion de la chasse française mais aussi du laxisme de l’État face à ces pratiques irresponsables.

 

Depuis 2008, le sanglier (Sus scrofa) est inscrit sur la Liste rouge mondiale de l’U.I.C.N. (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).
Depuis 2009, il est également inscrit sur la Liste rouge des espèces menacées en France – Mammifères de France métropolitaine.

ABOLISSONS la CHASSE et le PIÉGEAGE