Silence… On tue !

De nécessité pour certains de nos ancêtres, la chasse est dorénavant inutile à notre survie. Au cours du XXème siècle, en l’espace de quelques décennies, elle est devenue en France un plaisir mortifère, voire du terrorisme institutionnalisé, pour tous les animaux humains et non humains.

Il suffit pour s’en convaincre de consulter les tableaux de chasse et de lire les bilans des nombreux accidents de chasse (146 dont 10 mortels officiellement déclarés pendant la saison 2015-2016) qui touchent non seulement les chasseurs mais aussi n’importe quel autre usager de la nature ou pas.

Les images du film « Chasseur-Tueur-Imposteur ? » réalisé par Kate Amiguet, révèlent la face cachée de cette activité pour le moins cruelle.

Ne supportant aucune concurrence, jusque dans les années 1970, les chasseurs se sont employés à anéantir les grands carnivores sauvages de notre territoire (ours, loups, lynx, rapaces, etc.). Mais aussi les vautours qui sont des charognards… donc pas des prédateurs… donc pas des concurrents. Aujourd’hui, même si des lois internationales et nationales les protègent, le braconnage perdure. L’extermination des prédateurs leur permet désormais de « justifier » leur loisir morbide et de prétendre devoir, selon leurs termes, « gérer », « réguler », « prélever », « détruire », etc. les grands ongulés (cerfs, chevreuils, chamois, isards, mouflons, sangliers, etc.) pour soi-disant « restaurer », « entretenir », « préserver », « protéger », etc. la nature. Cela ne suffisant pas, de très nombreuses espèces de rongeurs (lapins, lièvres, marmottes, ragondins, etc.) et d’oiseaux (la liste est trop longue) sont également victimes de leur vindicte meurtrière. Ainsi que les petits prédateurs (renards, putois, martres, fouines, belettes, hermines, etc.) qualifiés de « nuisibles » alors que ceux-ci régulent naturellement et gratuitement les populations de campagnols, mulots et autres micromammifères responsables de nombreux dégâts aux cultures. Même les blaireaux qui ne sont pourtant pas des prédateurs, ont eux aussi le triste privilège de figurer au tableau de chasse.

Chasse-1--Richard-Semik

Chaque année en France, 30 millions (25 millions d’oiseaux, 5 millions de mammifères, sans compter quelques millions supplémentaires d’animaux blessés non retrouvés) d’animaux sauvages et issus « d’élevages » tombent sous les balles de ces « protecteurs » de la nature accros de la gâchette. Un simple week-end de chasse tue autant d’oiseaux que la pollution due au naufrage de l’Erika (300 000).

Avec 91 espèces chassables (68 espèces d’oiseaux dont 50 sont migrateurs), la France est championne d’Europe toutes catégories. En outre, parmi elles de nombreuses sont en mauvais état de conservation et/ou protégées chez nos voisins. En comparaison 47 espèces sont chassables en Italie, 35 en Suisse, 18 en Belgique, …).

Et pour assouvir sa soif de sang et remplir son congélateur, l’espèce la mieux protégée de France – le chasseur – peut légalement exécuter ses victimes où qu’elles se trouvent (vous ne le croirez pas… même dans votre cuisine… et que vous lui criez de partir !), même en enclos, quelque soit la météo, 7 jours sur 7, toute l’année et même de nuit.

Chasse-2---Richard-Semik

Pour alimenter son stand de tir, une véritable industrie s’est mise en place. La chasse française n’existe plus que par le lâcher massif et incontrôlé de millions d’animaux sauvages… « d’élevage » parmi lesquels de nombreux animaux exotiques (Cerf Sika, Faisan vénéré, Colin de Virginie, etc.). Les « éleveurs » de gibier du S.N.P.G.C. (Syndicat National des Producteurs de Gibier de Chasse) assurent environ 70% de la production française : 14 millions de faisans, 5 millions de perdrix rouges et grises, 1 million de canards colverts, 120 000 lièvres, 10 000 lapins de garenne, 500 tonnes de viande de cerfs, 170 tonnes de viande de daims (d’après le S.N.P.G.C.)… et combien de sangliers (chiffre non dévoilé par ce syndicat… peut-être pour ne pas contrarier les céréaliers victimes de ces irresponsables) souvent croisés avec des cochons afin de permettre une reproduction prolifique ? Et combien d’animaux issus « d’élevages » étrangers ?

Afin d’enrober d’images attractives leurs pratiques barbares, les chasseurs font appel à des professionnels de la communication, véritables illusionnistes, qui réalisent des outils de propagande et fabriquent des images sympathiques : jeunes femmes et jeunes hommes souriants et dynamiques déambulant dans des paysages bucoliques. Ces clichés sont loin de refléter la réalité (voir le film de Kate Amiguet). Le nombre de pratiquants est en chute libre, leur âge moyen avoisine l’âge de la retraite et augmente d’année en année.

Enfin, pour assurer leur impunité et perpétuer leurs traditions barbares, les chasseurs ont constitué un véritable lobby-chasse qui bénéficie des sollicitudes de nos hauts fonctionnaires, de nos élu-e-s et même de nos ministres, toutes tendances confondues. A titre d’exemple : en 2017, le groupe d’études « Chasse et territoire », le plus important de l’Assemblée Nationale, réunit pas moins de 115 député-e-s, loin devant « Préservation et reconquête de la biodiversité » (26 député-e-s), « Droits de l’enfant et de l’adolescent et protection de la jeunesse » (58 député-e-s) ou encore « Pauvreté, précarité et sans-abri » (54 député-e-s). Visiblement, la protection du chasseur passe avant celle de la biodiversité, des enfants ou des sans-abris.

« Pour vivre heureux, vivons cachés »

Ce slogan pourrait être celui de tous les animaux sauvages de France. Tant il est vrai que nombre d’entre eux naturellement diurnes ont adopté des mœurs nocturnes, particularité hexagonale, pour tenter d’échapper à la pression de leurs persécuteurs.

Jusqu’à notre ours pyrénéen, les espèces disparues ont toutes été exterminées par la chasse. La nature ne saurait être protégée à coups de fusil.

ABOLISSONS la CHASSE et le PIÉGEAGE