« Vive les animaux !

Oui, vive les animaux et à bas leurs tortionnaires ! »   Fabrice Nicolino

 

Un ver de terre partage 40% de notre ADN, une poule 60%, une souris 80% et un chimpanzé 98,6% (cf. Pierre Jouventin, « La Face cachée de Darwin. L’animalité de l’homme » 2014).

Charles Darwin a mis en évidence la théorie de l’évolution révélant aux hommes la découverte de leurs origines animales.

Il est depuis lors reconnu qu’entre l’homme et les autres espèces, il n’y a qu’une différence de degré et non de nature.

Renard---Michael-Mill

De l’abeille au poulpe, de la chauve-souris au corbeau, du crapaud au serpent, du poisson à la baleine, du homard au mouton, du renard à l’homme, etc. Il existe un lien entre toutes les espèces. Depuis plusieurs décennies, des scientifiques nous démontrent chaque jour que le langage, la cognition, la culture, la conscience, l’intelligence, la morale, la sensibilité ne sont pas des privilèges du genre humain, mais au contraire sont largement répandus dans le monde animal.

Poulpe---Andrea-Izzotti

Au XIXème siècle, l’industrialisation a pris son essor sur trois formes d’exploitation brutale du vivant :

  1. Celle de l’homme par l’homme, malgré l’abolition de l’esclavage : expatriation et circulation d’une main d’œuvre pauvre et corvéable à merci, ouvriers dont les conditions de travail et de vie n’ont rien à envier à celles des esclaves, etc.
  2. Celle des animaux domestiques : les troupeaux augmentent d’une manière vertigineuse qui repose sur la dépossession territoriale violente des populations autochtones et ne profite qu’à une poignée de spéculateurs.
  3. Et enfin, celle de la nature : ressources minières, aquatiques, halieutiques et faunistiques. Cette surexploitation a conduit à l’extinction totale ou presque de nombreuses espèces sauvages animales et végétales.

Nos XXème et XXIème siècle poursuivent cette logique destructrice avec la construction d’une société inégalitaire génératrice de violence envers l’ensemble du monde vivant. Destructrice de biodiversité ; avec la réduction et la fragmentation des habitats dues à l’urbanisation, à l’imperméabilisation galopantes des sols et à l’industrialisation et la déshumanisation des productions agricoles végétales et animales ; avec les déplacements et les introductions d’espèces sauvages exotiques favorisés par le trafic international (2ème commerce illégal après la drogue et avant les armes) ; avec l’émiettement et l’érosion des populations animales et végétales provoqués par la disparition de leurs habitats, par les pollutions, par la chasse et par la pêche ; avec la ségrégation dont sont victimes de nombreuses espèces dites « nuisibles » pour les animaux ou « envahissantes » pour les végétaux ; etc.

Les crises sans précédent que traverse notre monde actuel sont l’héritage d’un long processus de domination de l’homme sur la nature et sur les autres animaux indissociable de la domination de l’homme sur ses semblables.

Il est URGENT d’agir sur nos moyens de production industrielle et agricole, sur nos modes de vie, sur nos habitudes et nos préjugés culturels, et d’être attentif aux enseignements des penseurs qui nous ont précédés pour de nouveau offrir un espace de vie aux autres espèces animales avec comme ambition de transformer notre relation avec elles et la société tout entière.